Les rachats d’actions (ou share buy-back)

Nous avons vu précédemment les différents ratios sur les 4 fondamentaux (Dividendes, Profitabilité, Dettes, Prix).

Nous pouvons rajouter également une donnée additionnelle, qui n’est pas un ratio : le rachat de ses propres actions par l’entreprise.

Le rachat d’actions : une décision positive

Racheter ses propres actions en Bourse fait partie des opérations financières courantes et de plus en plus fréquentes pour les sociétés cotées.

La société va ensuite souvent annuler ces actions, afin d’augmenter mécaniquement le bénéfice par action (BPA) de la société. On parle alors d’une opération relutive, ce qui est très généralement bien accueilli par les marchés.

Le rachat d’actions est considéré comme positif : moins il y a d’actions, plus les détenteurs des actions restantes ont une « part du gâteau » (du bénéfice) supérieur.

Cela a pour effet d’augmenter le cours des actions de l’entreprise et donc de récompenser les actionnaires qui voient leur patrimoine augmenter (ce qui pour ceux qui s’intéressent avant tout aux flux a peu d’intérêt).

Cette opération permet à l’entreprise de mieux s’auto-contrôler et donc de se rendre moins vulnérable face aux éventuelles tentatives de rachat. En renchérissant le prix de son titre, celle-ci fait augmenter le coût d’une éventuelle OPA lancée contre elle.

Les rachats d’actions sont un moyen pour les entreprises qui disposent de fortes liquidités de diversifier leurs investissements. Dans ce cas, tout ou partie de leur trésorerie est réinvesti «en interne».

 

Le revers de la médaille du rachat d’actions

Mais il y a plusieurs bémols à prendre en compte :

Tout d’abord le prix auquel ce rachat d ‘action a lieu. En effet, si cela a du sens quand les dirigeants estiment que l’action est sous-évaluée, en revanche les entreprises qui rachètent leurs actions quand le prix de celles-ci est surévalué ne font pas un usage intelligent de leur surplus de trésorerie disponible, elles détruisent de la valeur.

Par ailleurs, racheter ses propres actions est un signe que la société n’a pas trouvé de placements plus intéressants ou qu’elle n’arrive plus à se développer sur de nouveaux marchés à la rentabilité plus élevée que son programme de rachat d’actions.

Les aspects fiscaux entrent en ligne de compte : beaucoup d’entreprise préfèrent les rachats d’actions à la distribution de dividendes : l’augmentation de la valeur de votre action lors du rachat d’action se fait sans frottement fiscal pour vous, alors que vous allez payer des taxes sur la perception de votre dividende. La même chose pour l’entreprise, qui y trouve un intérêt fiscal.

 

Rachat d’actions et dividendes 

Quelle conséquence pour nous ?

Tout d’abord, quand une entreprise rachète ses actions et les annule, la partie « Equity » ou Capitaux Propre diminue, ce qui impacte plusieurs ratios : nous devons donc être vigilants sur les rachats d’actions massifs et leur impacts.

Par ailleurs, nous souhaitons avant tout maximiser le flux de revenus : les rachats d’actions ne doivent donc pas être la principale utilisation du cash-flow, mais venir en complément de la distribution d’un dividende croissant, qui reste notre priorité.

Je ne considère donc pas le rachat d’actions comme un critère nécessaire de qualité, mais simplement comme un indicateur intéressant à considérer, qui ne doit pas remplacer le dividende.

A contrario, l’émission massive de nouvelles actions est dilutive pour l’actionnaire, diminue les ratios comme le ROE. Il est alors nécessaire de comprendre la raison pour laquelle la société fait appel au marché pour lever des capitaux.

 

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