Bilan de fin d’année 2016

Déjà 2 ans…

J’ai commencé ce blog en décembre 2014 avec comme objectif de partager ma démarche, au terme de quelques années d’investissements, d’erreurs, de réflexions, de formations, qui avaient abouti à l’approche “RP-PR”.

2 ans et 83 articles plus tard, je suis toujours adepte de l’investissement dans des actions distribuant des dividendes réguliers, que j’achète à des prix raisonnables (ou du moins j’essaie en ce moment !).

Et au delà de la méthodologie “technique” décrite dans le Blog, je suis de plus en plus convaincu des thèmes sous-jacents qui me semblent importants. Pour en citer quelques uns:

  • L’avenir est imprévisible. Inutile d’essayer de le prévoir/prédire ou l’anticiper, vous aller vous y bruler les ailes et perdre de l’argent. Relisez (ou lisez!) les ouvrages de Nassim Taleb par exemple.
  • Corolaire : la diversification est une parade à l’absence de certitude.
  • En tant qu’investisseur INDIVIDUEL, vous n’avez pas la moindre chance en tradant sur le court terme face aux professionnels et surtout aux algorithmes de trading haute fréquence. Je vous recommande la lecture de l’ouvrage 6 (Le soulèvement des Machines) /5 (Retour vers le futur), que vous retrouverez dans la rubrique Ressources, si vous voulez vous faire une idée de qui (ou plutôt “quoi”) vous affrontez dans ces “jeux”.
  • La check list– basée dans notre cas sur des indicateurs pertinents- est un outil indispensable et fait mieux que l’expertise. Cf les ouvrages du prix Nobel Daniel Kahneman ou le dernier ouvrage rajouté dans la rubrique “ressources” : “Réapprendre à décider“.
  • La discipline dans la durée (pléonasme) est la condition pour réussir en Bourse (et pas seulement en Bourse…).

 

Coté Blog, pour ceux qui aiment les statistiques, le public est toujours croissant, avec environ 2000 vues par mois (bon, ce n’est pas la page Facebook de Kim Kardashian  🙂 !), et vous êtes maintenant plus de 200 à être abonnés à la Newsletter (et 81 sur Twitter).

Je n’ai pas d’objectif particulier concernant la fréquentation du Blog, mais ça fait quand même plaisir de voir que j’ai d’autres lecteurs que ma famille et mes amis proches :-).

 

Bon, et le bilan 2016 dans tout ça?

Coté “avenir imprévisible”, je pense qu’on a été assez bien servi. Rappelez-vous:

En janvier, on a eu un mini-krach boursier, sur fond d’effondrement du pétrole et des valeurs qui lui étaient liées. Certains voyaient même le cours du baril de pétrole aller à 20$… On a vu par la suite ce qu’il en était (il est à 53$ aujourd’hui).

Puis en juin, le Brexit, que personne n’avait vu venir (pas plus moi qu’un autre d’ailleurs!). Petit effondrement de la Bourse de Londres, bien plus court que ce qu’on pouvait craindre. Baisse de Livre Sterling.

La fin de l’année aura été marquée bien sûr par l’élection de Donald Trump, contre tous les pronostics.

Et encore plus surprenant, malgré tout cela, l’envolée des marchés, qui battent tous les records historiques!  Ceux qui préconisaient de rester “cash” en début d’année en attendant une énorme correction doivent s’en mordre les doigts. Encore une fois, rien ne sert d’essayer de jouer le timing du marché (“time the market”), sur le long terme il vaut mieux rester investi.

Et coté investissement personnel?

Les erreurs/les flops

Commençons par ce qui n’a pas marché.

Tout d’abord, la coupe des dividendes de quelques valeurs, suivi donc par la vente en moins value. Et surtout, beaucoup plus grave, la violation de mon propre process en 2 occasions. “Shame on me!”.

BHP Billiton tout d’abord, doublement exposées aux minéraux et au pétrole. Coupe très importante du dividende, effet de cours de la £, malgré sa position de leader mondiale, au final très mauvaise opération. Mais aucun regret : le process a été respecté, et on ne peut pas gagner sur 100% des coups. Idem pour E.ON, la “utility” allemande, revendue en forte moins-value.

Ladbroke. Dividende coupé, mais là process non respecté: la méthode RP-PR fonctionne essentiellement avec de grosses sociétés matures. Ladbroke est une small cap, soumise à des régulations étatiques (l’univers des paris est réglementé). Je n’aurais jamais dû investir dans cette société, achetée (et renforcée) aprés l’établissement de la méthode RP-PR. Les dommages sont très faibles (je perds 11€ en moins value! et les dividendes perçus compensent largement), mais ça reste un flop, car non respect des procédures.

Centrica : Le top du flop 2016. Ce n’est pas tant la moins value importante réalisée sur la vente de cette société qui me chagrine, mais de nouveau le non respect de mes propres process: fin février, coupe du dividende de 30%, et chute du cours. Je garde l’action néanmoins. Puis Brexit. Et là, je vends.

Je me cite dans le suivi de Juin 2016: “Mois bien évidement marqué par le Brexit! La décision de vendre Centrica y est liée : j’ai souhaité me délester de cette utilities « britannico-britannique » pour redéployer les fonds sur des sociétés avec une plus grande couverture internationale.”

Normal? Logique? Bonne décision? Et bien non. “Bullshit”. Du vent. Habillage d’une mauvaise décision par un semblant de rationalisation. Dans la méthodologie RP-PR, il n’y a aucune place pour des raisonnements macro-économiques ou d’anticipation. Seuls 3 critères autorisent la vente, et aucun n’était rempli en Juin :

  1. Coupe du dividende. Centrica coupe de 30% en février et je ne fais rien! Mais en Juin, rien n’est annoncé, et je vends.
  2. Hausse “disproportionnée” du cours : ce n’est manifestement pas le cas!
  3. Raison fiscale. Centrica est détenue dans un PEA : aucune incidence fiscale.

Je n’aurais donc pas du vendre en juin. Point final. En fait, je suppose que c’est “le besoin de faire quelque chose” face à cet événement imprévu qui a du me pousser à “agir” contre mon propre process.

Comme quoi, être discipliné à tout moment demande des efforts!

Les points positifs/ les Tops

1- L’aspect “contrarien” a joué à fond. Chaque baisse a été l’occasion de renforcer. Bien sûr, à court terme, mes positions sur les pétrolières ont entrainé en début d’année une baisse de la valeur de mon portefeuille. Mais la hausse de fin d’année des marchés conjuguée à celle du dollar donne au final une performance de la valeur de portefeuille tout à fait intéressante. Par exemple la ligne BNP initiée au lendemain du Brexit, a déjà pris plus de 50%… Et les pétrolières sont maintenant en plus-value confortable et leurs dividendes semblent mieux assurés.

2- Les dividendes

Ré-investissements des dividendes, apport régulier de cash, et de nouveau, la hausse du dollar de cette fin d’année :  les résultats en terme de dividendes sont tout simplement excellents! Et c’est cela qui compte avant tout pour moi. Je suis loin d’être financièrement indépendant, mais le montant des dividendes mensuel devient significatif. Cela va donc amplifier mes investissements mensuels réguliers (l’aspect “boule de neige”!), les dividendes s’ajoutant au cash investi chaque mois.

3- La diversification.

Malgré les flops cités plus hauts, la diversification a joué son rôle. Même mes pires décisions ou les effets des évènements imprévus n’ont eu qu’un impact limité, pour ne pas dire négligeable. J’ai pas mal renforcé les financières et les REIT cette année, initié des lignes sur des valeurs allemandes, renforcé les Big Pharma (surtout Sanofi).

 

Quelques points d’attention pour 2017

Bien sûr, je ne vais faire aucun pronostic pour 2017. J’ai déjà écrit sur ce que je pense des pronostics en tout genre et je referai probablement un article en janvier la dessus, mois particulièrement propice pour les apprentis-Pythie pour nous abreuver de leurs certitudes, souvent mises à mal dans l’année. Ce qui ne les empêche pas de recommencer l’année suivante!

En revanche, quelques points de vigilance:

  • Maintenir, renforcer la discipline. Les hausses des marchés font que les actions matures, à grosses capitalisations, et versant des dividendes sont de plus en plus difficiles à acquérir à Prix Raisonnable. Ce n’est pas une raison pour acheter des actions ne remplissant pas les critères, ou manifestement sur-valorisées.
  • “Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel”. Les marchés sont hauts. Ils peuvent continuer à monter, je n’en sais rien. Mais lorsque la correction viendra (et elle viendra. Dans 1 mois, 6 mois, 1 an, 2 ans je ne sais pas!), il faudra garder la tête froide en voyant diminuer la valeur de son portefeuille et se réjouir de pouvoir acheter des actions à prix plus raisonnables.
  • La hausse du dollar est une bonne nouvelle pour la valeur de actions US et des dividendes versés. Mais une mauvaise pour renforcer en valeurs US puisque nous les payons en Euros! Donc à la hausse des marchés s’ajoute la hausse du dollar. Les actions US vont devenir hors de prix…
  • La hausse des taux d’intérêts. J’en parlais dans cet article. Elle a commencé. Avec quelques impacts sur la valorisation des REITs, mais pour l’instant rien de très grave. Mais à suivre quand même avec attention, et cela justifie de sélectionner des sociétés à l’endettement maîtrisé.

Voila!

En attendant de vous retrouver en 2017 pour de nouvelles aventures dans le monde fabuleux de l’investissement, je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année !

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Commentaires (7)

  1. Jimmy

    Très belle rétrospective.

    Au plaisir de te lire.

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  2. xavier

    Bonjour,
    Effectivement,beau condensé de l’année. Merci.
    Je m’y retrouve d’autant plus que ma méthode est très semblable.
    Quelques réflexions en vrac:
    Etant incapable de rester cash ,le point mentionné de la valorisation élevée des grosses caps à dividendes croissants est problématique. Que faire? Renforcer celles déjà en portefeuille et baisser son dividende sur PRU ,ou ouvrir une nouvelle ligne en dérogeant au dividende mini souhaité? Je préfère sur-diversifier.
    Pour les Reits ,je ne suis pas à l’aise .Gros apport au rendement des portefeuilles mais croissance par la dette .Amha plus appropriées une fois arrivé en phase de rente retraite .
    Le “contrarian” n’est-il pas un peu “timer”?
    Joyeuses fêtes!
    Salutations.

    Répondre
  3. Philippe (Auteur de l'article)

    Bonjour Xavier,

    Bonnes questions…
    Pour le cash, on peut effectivement soit l’investir dans des actions déjà en portefeuille (ce que je fais souvent), soit trouver de nouvelles “pépites ” (mais bon, pas évident..) ou baisser ses standards, et entre autre le rendement sur dividende. Mais attention, pour un dividende trop faible, quel intérêt de prendre le risque de l’investissement en action?

    Un autre voie est d’investir son cash additionnel sur d’autres classes d’actif:
    – Immobilier via les REITs (pour moi, les foncières ne sont pas des actions “standards”, RP-PR ne s’applique pas, mais sont à rapprocher de l’immobilier. La croissance par la dette est donc normale, voire souhaitable, dans des proportions raisonnables) ou
    – les obligations via les contrats en Euros.

    Etre “contrarien” n’est pas être un “timer” : le contrarien constate la baisse de certaines actions et si elles sont “de qualité “(RP-PR), il les achète sans tenir compte du “bruit ambiant”.
    “To time the market” consiste à anticiper des mouvements futurs. Par exemple tout vendre maintenant en attendant la grosse correction qui DOIT arriver. Comme le suggéraient certains … début 2016!

    Bonnes fêtes!

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  4. antoine

    bonjour Philippe
    je vous lis avec bcp de plaisir depuis 1 an.
    Les valeurs de rendement pas du tout ma tasse de thé mais j apprends enormement avec vous

    Merci encore et bonnes fetes

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  5. Revenus et Dividendes

    Merci Philippe pour ce récapitulatif.
    Merci d’être transparent sur les Top et surtout les Flops !
    Investir, c’est accepter de faire des erreurs aussi…

    Répondre
  6. Fabrice

    Bonjour Philippe,

    Merci pour ce récapitulatif plein de sincérité et d’humilité et surtout merci pour toutes les informations mises à disposition sur le blog.
    J’ai fini par me lancer dans l’investissement l’année dernière après beaucoup de lectures et je pense que la méthode RP-PR me convient même si les “démons” de l’investissement trop rapide et pas toujours raisonné sont prompts à revenir.

    Répondre
    1. Philippe (Auteur de l'article)

      Merci Fabrice!
      Et bonne chance pour dompter vos “démons” 🙂 !
      Nous sommes nous-mêmes nos meilleurs ennemis en matière d’investissement…

      Répondre

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