Covid de Mars

Bienvenue dans la Crise.

Ca y est, cette fois on y est.

Quel mois de mars !!!

Je n’ai jamais rien vécu de pareil.

Les chiffres sont fous, nous avons vécu des moments historiques en termes de violence des mouvements sur les marchés.

Je ne pensais pas que des sociétés aussi massives (et profitables !) que Total, Vinci, Orange, Axa, IBM, AT&T, etc, etc, puissent perdre parfois plus de 10% dans une seule journée. Et cela plusieurs jours de suite.

Ni d’ailleurs, dans l’autre sens, regagner aussi des pourcentages énormes en 24 heures.

La volatilité n’a jamais été aussi importante. J’ai vu certaines de mes actions perdre quasiment 80% de leur valeur. Et remonter de plus de 130% dans une journée !

Les pertes sont colossales.

Nous sommes bien sûr en plein krach.

Nous sommes pris dans un flot de mauvaises nouvelles, avec les émissions sur le Coronavirus qui s’enchainent, égrenant le nombre de cas, de morts, de confinés.

Si on en croit nos journaux ou les réseaux sociaux, « cette fois c’est différent », « plus rien ne sera jamais comme avant »,  « la crise va durer des années », on attend un « changement complet de paradigme ». (Quand ce n’est pas une vengeance de Gaia, notre mère-Terre envers l’espèce humaine.)

Bref, dans ce maelstrom de mauvaises nouvelles, de panique sanitaire doublée d’une panique boursière, que pouvons-nous faire ?

Que faire?

Bon, déjà, garder la tête froide.

Il ne s’agit certes pas de minimiser la crise.

Le monde est entré en récession, l’économie est quasiment à l’arrêt. 1/3 de la population mondiale est confiné. Les morts se comptent par dizaine de milliers. Certains ont des proches qui sont hospitalisés, ou malheureusement décédés. Et nous savons que ce n’est pas fini.

Je sais que c’est très difficile. J’ai dans mon entourage proche un décès dû au coronavirus, je comprends la détresse que cela engendre.

Et je suis de tout cœur avec ceux qui sont frappés par cette horrible maladie, et je m’associe bien sur pleinement au soutien de tous ceux qui luttent, personnel soignant et ceux qui continuent à travailler pour que notre société puisse fonctionner un minimum (postiers, éboueurs, livreurs, agriculteurs, chaine logistique, etc etc…).

Mais l’objectif de ce Blog est de parler d’investissement.

Cela peut paraitre futile dans cette crise sanitaire, mais  ce n’est pas un jeu, un hobby. La méthodologie exposée ici a pour but de renforcer notre résilience économique, notre indépendance.

Et plus particulièrement notre capacité à générer des flux de revenus pour compléter, voire remplacer, ceux perçus directement par nos activités professionnelles.

Dans cette période où beaucoup vont rencontrer des difficultés financières dûes au chômage, à la diminution de leur activité, les dividendes que nous allons percevoir au cours de prochains mois vont démontrer l’importance d’avoir plusieurs sources de revenus.

Dans des crises importantes comme celle que nous traversons, certains vont réellement avoir besoin de ces revenus pour continuer à vivre.

Tout n’est pas noir…

Nous sommes confinés pour beaucoup d’entre nous, c’est une excellente occasion de réfléchir et faire le point sur nos investissements (entre autres, mais le Blog ne parle que de cet aspect-là).

Tout d’abord, se rappeler, même pendant cette période difficile, surtout pendant cette période difficile, que tout a une fin. « This too shall pass ». Même cette crise s’arrêtera, il y aura un « jour d’après ».

Bien entendu, la difficulté est que personne ne sait réellement quand. Cela peut durer des semaines, des mois, des années.

Mais je rappelle que même dans les temps les plus sombres, la crise financière a été dépassée en quelques années tout au plus. Relisez cet article !

Autre point positif : des plans d’urgence économique ont été décidés, massivement, et sans perte de temps. Ce flot massif d’argent va permettre d’éviter un enlisement dans la crise. Le « Whatever it takes » que nous avions attendu pendant longtemps en 2008-2009 a été quasi-immédiatement proclamé, en Europe, aux US, en Chine, etc…

Bien sûr, la valeur de notre portefeuille à l’instant T a souffert. Mais si on y réfléchit bien, on ne peut pas parler de « perte».

Le “prix” de mon portefeuille a baissé de 25%, certes. Mais qu’ai-je réellement « perdu » ? Rien.

J’avais acheté des parts de bonnes sociétés pour qu’elles me versent une part de leur profit en dividendes. Et bien, rien n’a changé ! J’ai toujours des parts de ces sociétés, et elles me versent toujours un dividende (pour l’instant).

La seule différence est que si je devais les revendre, le prix proposé par le marché serait bien inférieur au prix auquel je les ai acheté.

Mais cela tombe bien, car je n’ai aucune envie de revendre ces sociétés. Au contraire, je veux en acheter !!! Je peux donc acheter d’excellentes sociétés à prix bradé !

A titre d’exemple, j’ai rentré plusieurs nouvelles lignes dans mon portefeuille : Vinci, Emerson ou Coca Cola. Des dividendes aristocrates, qui sauront j’en suis persuadé, rebondir après la crise actuelle.

Cela rejoint d’ailleurs la citation de Warren Buffet présente sur ce Blog depuis le début :

“Achetez seulement des choses que vous serez parfaitement heureux de posséder si le marché s’effondre pendant 10 ans.”

On parle d’ailleurs de fermer les Bourses, pas pour 10 ans, mais temporairement. Si vous êtes traders, cela aura un impact, mais pour les investisseurs à long terme (pléonasme) que nous sommes, cela n’aura aucun effet.

C’est donc le bon moment pour revoir votre watch list, investir un peu plus que d’habitude dans des sociétés extrêmement solides qui sont de nouveau proposées à prix raisonnable, voire bradé.

Mais tout n’est pas rose non plus!

Alors tout va bien dans le meilleur des mondes ?

Bien sûr que non !

Tous les secteurs vont souffrir.

Par exemple, les REITs spécialisées dans le commerce, comme Unibail-Rodamco, vont rencontrer de graves difficultés. Qui dit confinement dit pas de clients dans les centres commerciaux, pas de revenu pour les boutiques, pas de loyers pour Unibail.

Elle a d’ailleurs déjà annoncé une division par 2 de son dividende.

D’autres vont suivre, bien entendu. Le flux de dividende va se réduire. Dans quelle proportion, je ne sais pas.

Sans compter que même notre gouvernement s’y met, en appelant les entreprises à ne plus verser de dividendes !!!

Il aurait peut-être mieux valu qu’il se préoccupe de fournir masques, tests ou respirateurs à la population plutôt que de s’occuper de savoir si Orange doit distribuer des dividendes à ses actionnaires.

Mais il sera intéressant de voir les sociétés qui malgré cette crise continueront à verser un dividende intact, voire croissant. Ce seront réellement des pépites, que nous pourrons par la suite renforcer avec plus de confiance. D’autres « limiteront la casse ».

Mais bien entendu, on risque d’avoir des coupes temporaires.

Cela justifie d’autant plus la diversification, et plus précisément la diversification géographique (je ne pense pas que le gouvernement US ait appelé à suspendre les dividendes).

Impact sur la méthodologie RP-PR

Pour ces temps exceptionnels, mesures exceptionnelles : alors que le process voudrait que je revende immédiatement toute société qui coupe son dividende, je vais temporairement suspendre cette préconisation, au risque sinon de devoir vendre une trop grosse partie de mon portefeuille au pire moment possible.

Dans ces temps troublés, bien sur ce ne sera pas un problème de gestion, de produit, de marché, mais une réaction de survie par forcément mauvaise.

Unibail a coupé son dividende certes, mais le yield résiduel reste important. Et j’attendrai la fin de la crise pour soit supprimer la ligne, soit la conserver ou la renforcer.

Je vais continuer l’investissement progressif en investissant tous les mois une partie de mon épargne, et en réinvestissant la totalité des dividendes versés.

Crise : danger + opportunité

On dit qu’en chinois, le mot crise s’écrit à l’aide de 2 idéogrammes : l’un qui signifie danger, et l’autre opportunité (je ne sais pas si c’est vrai car je ne connais pas le chinois, mais j’aime l’idée !).

Dans ces temps où les informations dont nous sommes abreuvées  mettent l’accent sur le danger, rappelez-vous aussi des opportunités.

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Commentaires (5)

  1. sinwave

    Bonjour,
    Merci pour votre site très intéressant.
    Il manque à mon avis une chose hyper importante : la date d’écriture de vos articles.
    Au plaisir de vous relire.

    Répondre
    1. Philippe (Auteur de l'article)

      J’ai modifié au mieux les réglages du blog. Vous avez le mois et l’année de l’écriture de l’article dans l’adresse internet. Par exemple pour cet article :

      investisseur-individuel.com/2020/03/covid-de-mars/

      Pour la recherche, vous pouvez également faire une recherche par mois/année dans la partie Archives.

      Le graphisme du site m’impose quelques contraintes…

      Répondre
  2. Tony

    Une fois de plus, une article d’une qualité exceptionnel, particulièrement utile en cette période trouble où l’investisseur individuel a besoin de repère.
    Au lieu de cela, la plupart des médias (financiers ou non) se complaisent dans le sensationnalisme qui est leur fond de commerce mais qui n’ai d’aucune utilité pour le lecteur.
    Merci donc pour vos articles que je lis chaque fois avec un grand intérêt. Celui-ci étant, à plus forte raison encore, salvateur en cette période où nous devons garder la tête froide et rester droit dans notre stratégie.

    Répondre
  3. Philippe (Auteur de l'article)

    Merci à vous!

    Répondre
  4. pitivier

    moi j’avais pris des bancaire et des assurances francais plus de dividendes
    merci oxfam bon une année de dividende n’est pas beaucoup.

    restez safe

    Répondre

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